Les enjeux de la transformation digitale

Tout le monde en parle mais les entreprises avancent encore trop doucement. La France est à la 16ème position en Europe. La Bretagne, malgré un territoire fertile, ne ressort pas plus du lot que les autres régions. Même si son écosystème a su se structurer, même si nous avons su nous appuyer sur la dynamique FrenchTech, même si la filière cybersécurité avance bien ses pions, il reste un gros travail à faire au niveau des TPE/PME. 95% des entreprises sont des TPE, 80% des emplois hors métropole sont dans les TPE/PME.

Selon l’étude Deloitte, les TPE/PME françaises débutent seulement leur transformation digitale. Bien que la plupart bénéficient d’une visibilité sur Internet, leur présence sur le web et les réseaux sociaux reste balbutiante, seules 11,5% vendent en ligne. Sans aller jusqu’à la vente en ligne, un commerçant qui travaille sa présence en ligne, avec juste une page web, une page Facebook, ses horaires d’ouvertures et quelques photos pour valoriser ses prestations, augmente le nombre de visites en magasin de 15 à 30%. Il serait dommage de passer à côté.

L’utilisation d’outils digitaux visant à améliorer le travail au quotidien reste souvent cantonnée à l’agenda et la messagerie. Seules 11% des PME ont intégré des outils numériques pour améliorer leur productivité.

Les consommateurs se sont emparés des solutions digitales dans leur mode de consommation. Sept consommateurs sur dix achètent et paient en ligne. En comparaison, seule une PME sur huit fait usage de solutions de vente en ligne.

De même, pour l’international et l’export, les PME digitalisées sont trois fois et demie plus susceptibles d’exporter que la moyenne. La transformation digitale est essentielle afin d’accéder aux places de marché globalisées.

Alors, pourquoi n’avançons-nous pas plus vite ? L’ampleur de la tâche ?

Ambiance perroquet

Dans beaucoup de structures, le pilote de la transformation est le ou la responsable. Une personne déjà bien occupée et qui ne sait que trop rarement comment avancer. Un dicton dit que manger un éléphant se fait par petites bouchées. C’est la démarche des petits pas. Il faut donc accompagner le ou la dirigeant.e à faire ces premiers petits pas.

Un autre frein à la transition numérique, c’est qu’elle est souvent abordée sous l’angle technologique. Entre le jargon Geek qui va effrayer une partie des TPE/PME et la non prise en compte des facteurs humains qui va générer des blocages au niveau des équipes, pas facile d’avancer. On se retrouve avec des dirigeant-e-s qui soit, disent ne rien comprendre, soit, disent que ce sont leurs collaborateurs qui ne comprennent pas, qu’ils freinent, voir bloquent…

Il est donc important de prendre en considération que la mise en place des outils du numérique touche profondément les femmes et les hommes dans leur organisation, leur posture, leur pouvoir.

Il est également important de prendre en considération que c’est moins l’outil lui-même que les nouveaux usages qu’il va générer qui sont sources de croissance. Les outils numériques ne sont pas juste des outils productivistes. Ils vont élargir les horizons, bousculer les modèles, générer de nouvelles énergies.

Une organisation qui se numérise va s’ouvrir à l’innovation, la veille, la transversalité, l’agilité, l’apprentissage, le droit à l’erreur, etc.

Finalement la transition numérique est plus une transition des comportements, des liens, des interactions entre les personnes, qu’un changement d’outil. On peut même profiter de l’outil comme prétexte, pour interroger les pratiques, les organisations et ainsi changer de paradigme. Cela fait moins peur, et avec les bonnes démarches permet d’évoluer vers plus de sérénité, d’égalité professionnelle de durabilité des sociétés. C’est l’occasion de questionner en douceur la Qualité de vie au travail et la Responsabilité sociétale des entreprises.

Participez à cette aventure, le XXIe siècle est enthousiasmant. Pour faire face aux défis démographiques et climatiques, il est de notre responsabilité d’inventer de nouvelles façons de faire ensemble, à notre échelle. Nous croyons que le digital nous affranchissant du temps et de l’espace peut être l’un des ingrédients de cette renaissance du “nous”, s’il est au service de l’humain et de la nature.