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Eco-conception web : une opportunité à saisir ?

 (article rédigé par nos stagiaires en formation du parcours expert·e en stratégies webmarketing)

La baisse d’activité actuelle sur une partie du secteur du numérique a un impact négatif sur le développement économique, et permet dans un  même temps un impact positif sur l’environnement.

Alors peut-on envisager de trouver un équilibre pour que ces deux mondes continuent de se développer sans que l’un n’impacte l’autre ?

Il y a une possibilité, comme l’indique Aurélie Pontal (WWF France) en préface de la dernière édition  de l’éco-conception web de Frédéric Bordage :

«L’industrie numérique, qui n’est pas une industrie immatérielle, doit elle aussi s’inscrire dans cette transition. Car nous sommes actuellement à un moment de bascule où nos usages présents et futurs du numérique peuvent tout autant augmenter notre empreinte écologique, que nous apporter des opportunités pour la réduire rapidement, à grande échelle, et ainsi bouleverser les codes établis ».

ecoconception

Qu’est-ce que l’éco-conception web ?

C’est réduire les impacts environnementaux et économiques des services numériques en améliorant leur conception et leur réalisation.

On parle alors d’efficience pour le web : soit consommer le moins possible de ressources physiques tout en obtenant des réalisations efficaces (quantité de mémoire vive, nombre de cycles CPU (recherche ou exécution par le processeur), quantité de bande passante, etc.).

Premiers constats

Avant de parler de solutions, faisons les premiers constats de l’impact du numérique.

Une offre numérique très riche

Aujourd’hui, ce sont tous ces éléments qui permettent de répondre à une attente forte vu que le digital est la première technologie utilisée dans nos usages quotidiens.

Des interrogations

Maintenant que le décor est planté, plusieurs questions se posent pour aller vers l’éco-conception web :

  • Comment faire ?
  • Quelles sont les solutions?
  • Y-a-t-il un coût financier?
  • Qui est concerné ?
  • Effet sur la concurrence ou pas ?
  • Est-ce reconnu sur le marché ?
  • Quels bénéfices peut-on en tirer ?

 Pour répondre à ces questions

  • Plusieurs acteurs du numérique ont planché sur le sujet depuis 2009.

On retrouve notamment Frédéric Bordage à l’origine des 3 éditions des « 115 bonnes pratiques » de l’éco-conception web et  de Green IT (la première source francophone d’information sur l’éco-conception des services numériques).

Les intuitions sont présentes également :

  • Le label numérique responsable permet de faire reconnaitre sa démarche responsable.
  • Des sites comme éco index.fr permettent de mesurer la performance et l’empreinte environnementale de votre site web.

Et pour les concepteurs

Difficile de concilier, performance, esthétisme, référencement naturel et diminution de l’empreinte carbone.

Plusieurs pistes sont possibles en se posant dès le départ dans un contexte d’éco-conception.

Tout le travail porte sur 6 grandes thématiques :

Quelques exemples qui vont parler au plus grand nombre, avec une mise en œuvre peu complexe.

  • Choisir une police de caractère standard (Arial par exemple) car déjà présente sur l’ordinateur de l’internaute et ne nécessite pas de téléchargement, donc économie de bande passante.
  • Compresser les photos avant publication sur le site via des outils comme photoshop, ou SVG cleaner pour des images vectorielles. Gain sur le poids du contenu, nécessite moins de capacité de stockage.
  • Chargement paresseux ou le « lasy loading ».Lorsqu’un internaute ne consulte pas la totalité d’une page web, toutes les images situées en dehors de la zone visitée ont été chargées inutilement. La technique du chargement paresseux consiste à ne charger une image que lorsque son emplacement devient visible à l’écran. Gain sur le chargement.
  • Limiter le recours aux plug-ins. Éviter d’utiliser des plug-ins (Flash Player, machines virtuelles Java et Silverlight, etc.), car certains consomment beaucoup de ressources (cycles CPU et mémoire vive). C’est notamment le cas du Flash Player d’Adobe, à tel point qu’Apple a décidé de ne pas installer cette technologie sur ses terminaux mobiles afin de garantir une meilleure autonomie.
  • Adapter les sons au contexte d’écoute.Les fichiers audio peuvent être volumineux et consommateurs de bande passante. Aussi est-il indispensable d’en optimiser le poids. Privilégier 3 formats couvrant les 3 grandes plates-formes (Windows, Mac OS X et Linux) :MP3 (MPEG-1 Audio Layer 3) ; AAC ( Advanced Audio Coding ) ; Vorbis
  • Supprimer les balises image dont l’attribut Src est vide. Si une balise image est présente et que son attribut SRC est vide, le navigateur va appeler la page d’index du niveau d’arborescence où il se situe, générant des requêtes HTTP supplémentaires et inutiles.
  • … et plus d’une centaine de pistes supplémentaires pour limiter l’impact écologique du numérique.

Et aujourd’hui quelle place occupe l’éco-conception web dans notre économie et au quotidien ?

Quelques agences web ont, et mettent en avant le label NR, d’autres ont enclenché la démarche, et pour les grands du numérique, les entreprises, les fabricants, les consommateurs, difficile de mesurer la prise de conscience et le degré d’engagement.

 

Des exemples encourageants …..

  • Apple fait fonctionner 100% de ses infrastructures à partir d’énergies renouvelables.
  • Microsoft teste l’immersion d’un data center pour économiser de l’énergie pour le refroidissement des serveurs.
  • Des entreprises françaises sont engagées dans la démarche comme :

  • Mais Il manque encore plusieurs acteurs…

Et maintenant

L’écoconception web répond à un vrai enjeu environnemental au niveau mondial (une des grandes préoccupations actuelles, après le covid19 bien sûr). Elle permet de repenser notre façon de concevoir, utiliser et de consommer les outils numériques avec une vision responsable en pensant à nos ressources et à notre environnement.

Comme dans tout changement, il faut que chacun y trouve son intérêt (bénéfice), pour faire les efforts nécessaires à sa mise en place.

Pour le mettre place, il y a  des impacts d’un point de vue économique, sociétale, organisationnel, concurrentiel….

 

Pour autant c’est aussi un formidable facteur de différenciation pour les entreprises, et donc une belle « opportunité responsable » à saisir.

 

Article rédigé par Olivier Chouisnard